Voie du Bouddha

Voie du Bouddha2016-12-16T12:19:17+00:00

Si vous comprenez que zazen est la grande porte de la Loi, vous serez semblables au dragon qui entre dans l’eau ou au tigre qui pénètre dans la forêt profonde.

Maître Dogen (XIIIe siècle)

La pratique du zazen est le secret du zen.

Cette pratique est sans but ni esprit de profit. Elle consiste uniquement dans la concentration sur la posture et la respiration, en laissant passer les pensées qui nous agitent sans s’y attacher ni les repousser.

Si quelqu’un demande ce qu’est le vrai zen,
il n’est pas nécessaire que vous ouvriez la bouche pour l’expliquer.
Exposez tous les aspects de votre posture de zazen.
Alors le vent du printemps soufflera et fera éclore la merveilleuse fleur du prunier.

Daichi Sokei (1290-1366)

Dojo: tambor
Pour pratiquer zazen, on s’assoit au milieu du zafu (coussin rond et ferme), on bascule légèrement le bassin vers l’avant en pressant le sol avec les genoux. La position juste du bassin permet à la colonne vertébrale de s’étirer vers le ciel sans crispation et à la tête, le menton rentré, de se placer dans le prolongement naturel de la colonne. Les épaules, la cage thoracique et le ventre sont relâchés, ce qui favorise une respiration libre et profonde. Les yeux restent mi-clos. Le regard est posé à quelque 45 degrés devant soi, sans fixer un point particulier. Les doigts de la main gauche sont placés sur les doigts de la main droite les paumes vers le haut. Le tranchant des mains exerce une légère pression contre le bas-ventre. Les pouces, sur le même plan que les index, se touchent de manière ferme et légère à la fois et leur ligne horizontale ne forme ni montagne ni vallée.

Il est difficile d’observer sa propre posture et très facile de s’illusionner sur sa propre pratique, c’est pourquoi il convient de pratiquer zazen dans un dojo avec d’autres personnes.

Kinhin est zazen en mouvement, une marche concentrée sur chaque pas en rythme avec sa propre respiration.

On commence kinhin en avançant la jambe droite d’un petit-pas. Pendant l’expiration, on porte tout le poids de son corps sur cette jambe qui est tendue. On presse particulièrement la racine du gros orteil, comme si l’on voulait laisser une trace dans le sol. La jambe arrière est détendue, talon au sol. À la nouvelle inspiration, on avance la jambe arrière d’un petit-pas et on transfert le poids du corps sur la jambe avant sans tourner les épaules. La tête, les yeux, les épaules et la colonne vertébrale sont dans la même position que durant zazen. La main droite enveloppe la main gauche qui elle-même enveloppe son pouce dont la racine est pressée contre le plexus solaire. Les avant-bras sont parallèles au sol. Durant l’expiration les mains exercent une légère pression l’une contre l’autre et contre le ventre.

Pendant kinhin, vous êtes comme le tigre entrant dans la forêt ou le dragon dans la mer.

Notre respiration est celle de l’univers entier. Notre inspiration est celle de l’univers entier. À chaque instant, nous réalisons ainsi la grande œuvre illimitée. Avoir cet esprit-là, c’est faire disparaître tout malheur et engendrer le bonheur absolu.

Kodo Sawaki (1880-1965)

Pendant zazen, on se concentre sur les points importants de la posture et sur le va-et-vient harmonieux de la respiration. L’expiration est longue et profonde. Les maîtres la comparent souvent au mugissement de la vache. L’inspiration, plus courte, vient naturellement.

Pendant zazen, il est mieux de suivre sa respiration que les ruminations du mental.

La concentration sur la respiration est la voie royale de la concentration sur l’instant présent.

Lorsque l’esprit ne demeure sur rien, le véritable esprit apparaît.

Sutra du diamant

Pendant zazen, de nombreuses pensées, émotions, fantasmes surgissent. L’attitude juste de l’esprit est de ne pas les entretenir ni de les rejeter. Laissez-les passer comme nuages dans le ciel.

La conscience hishiryo apparaît alors, au-delà de la pensée et de la non-pensée. Elle manifeste notre nature de bouddha. C’est ce que Maître Deshimaru appelait : revenir aux conditions normales du corps et de l’esprit.