Glossaire zen

Glossaire zen2018-11-18T15:56:47+00:00

Avertissement. En règle générale, les mots de langue étrangère qui ne se trouvent pas dans le dictionnaire s’écrivent en italique. Ici, toutefois, par souci de clarté, certains mots étrangers couramment utilisés dans le langage zen apparaissent en caractère normal.

Abréviations :

  • sk. : sanscrit
  • j.     : japonais ou sino-japonais
  • ch.  : chinois

Glossaire des principaux termes utilisés dans la pratique du zen Sôtô (en PDF)


agrégat

Voir skanda.

Ananda

Grand disciple et cousin du Bouddha Shakyamuni, renommé pour sa mémoire exceptionnelle (voir concile). Il succéda à Mahakashyapa.

ango

j. : demeure tranquille

Camp d’été de pratique collective dont la tradition remonte à l’époque du Bouddha où les moines et nonnes se regroupaient durant les trois mois de la saison des pluies. En Occident, Ango s’étale normalement sur une ou plusieurs sessions de 10 jours.

Annales de la transmission de la lumière de la lampe

Histoire de la vie et des enseignements des vingt-huit patriarches chinois, écrite au début du XIe siècle.

arbre de la bodhi

Figuier (ficus religiosus) de Magadha sous lequel le Bouddha obtint l’illumination, d’après la tradition, en 525 avant J.-C., à l’âge de 35 ans.

arhat

sk. : vénérable

Saint ayant atteint le plus haut degré de perfection. Surtout préoccupé par son propre salut, l’arhat se différencie du bodhisattva dont la vocation est de sauver tous les êtres. L’arhat représente l’idéal de l’Hinayana.

Avalokitesvara

Nom sanscrit de Kannon

Voir Kannon.

Basho

1644-1694

Le plus célèbre poète japonais de haïku. Sa poésie chante la beauté des plus simples aspects de la vie quotidienne. Son plus célèbre recueil : La sente du bout du monde.

Baso Doitsu

Ma-tsu Tao-i, 709-788

Successeur de Nangaku et maître de Hyakujo et de Nansen. Il fut l’un des premiers maîtres zen à adopter un comportement extravaguant et éduquait ses disciples avec des cris brusques et des coups de bâton. Pour lui, l’éveil n’est rien d’autre que « voir sa propre nature ».

biku

j. : moine ; sk : biksu

Moine de la sangha bouddhiste. Dès l’origine, les trois principes fondamentaux de la vie monacale sont la pauvreté, la chasteté et l’esprit pacifique.

bikuni

j. : nonne; sk : biksuni

Nonne de la sangha bouddhiste.

Biographie des moines éminents

Histoire des grands moines chan des VIe et VIIe siècle.

bodaishin

j. : esprit d’éveil ; sk. : bodhicitta

L’esprit qui prend conscience de l’impermanence, de l’illusion et aspire à pratiquer la Voie du Bouddha. Hotsu bodaishin : manifester l’esprit d’éveil.

bodhi

sk. : éveil ; j. : bodai, kaku

La parfaite sagesse, la révélation de sa propre nature de bouddha.

Bodhidharma

Daruma ou Bodaidaruma en japonais, ?-532

Vingt-huitième patriarche indien et premier patriarche chinois. A transmis le Dharma d’Inde en Chine et fondé le temple de Shaolin. Avant de devenir le père du chan, il garda le silence et pratiqua zazen face au mur pendant neuf ans. On lui attribue le Traité des deux accès (Traité de Bodhidharma), qui est le plus ancien texte du chan.

bodhisattva

sk. : bodhi : éveil ; sattva : plonger dans le monde phénoménal ; j : bosatsu

Être qui aspire à acquérir l’état de bouddha par la pratique de la compassion et de la persévérance. Le bodhisattva comprend, aide et guide les êtres souffrants sur la voie juste. Le bodhisattva représente l’idéal du Mahayana. Voir Shiguseigan, les Quatre vœux du bodhisattva. Les principaux bodhisattvas sont Kannon et Manjusri.

bonno soku bodai

Les illusions deviennent satori. Dans le zen, on ne coupe pas les bonno, on les transforme.

bonno

j. : bon : ce qui perturbe ; no : souffrance

Perturbation, souffrance, passion résultant d’une vision erronée du monde. Attachement à l’ego qui entrave l’éveil. Les six bonno fondamentaux : l’ignorance, la colère, l’orgueil, le doute, l’avidité et les vues erronées.

Bouddha

sk. : éveillé, j. : butsu

Le Bouddha historique, Shakyamuni Bouddha qui vécut 80 ans dans le Nord de l’Inde de 566 à 484 av. J.-C. Le zen prend racine dans l’expérience de l’éveil de Bouddha sous l’arbre de la bodhi. Ses principaux disciples furent Mahakashyapa, Ananda et Sariputra.

bouddha

sk. : éveillé ; j. : butsu, nyorai

Avec une minuscule, bouddha désigne celui qui a atteint l’état d’éveil, la vraie liberté. Nous avons tous la nature de bouddha.

Bussho kapila

Bouddha est né à Kapila

Premières paroles du Gyohatsunenju, le Sutra des repas, qui parfois lui donnent son nom.

bussho

ou aussi butsusho

Nature de bouddha.

calligraphie

Art d’écrire les kanji (idéogrammes).

chan

ch. : concentration, méditation ; sk. : dhyana ; j. : zen

Voir zen. S’écrit aussi ch’an ou tch’an.

 

 

chie

ou e ou encore hannya ; sk. : prajna

Connaissance suprême, sagesse.

conciles bouddhiques

On compte généralement trois conciles bouddhiques : 1.- Le concile de Rajagriha (un an après la mort du Bouddha) : Ananda récite de mémoire les enseignements du Bouddha (sutras) et Upali énonce les règles de discipline (vinaya). 2.- Le concile de Vaisali, (110 ans plus tard) : condamnation de certaines pratiques contraires aux règles. 3.- Le concile du Cachemire (500 ans après la mort de Bouddha) : reconnaissances de plusieurs écoles et mise par écrit des sutra, des règles disciplinaires et des commentaires (voir Tripitaka).

daiosho

j. : dai : grand ; osho : vénérable

Titre respectueux donné aux maîtres de la transmission.

Daruma

Nom japonais de Bodhidharma.

Denkoroku

Recueil de transmission de la lampe

Ouvrage de Maître Keizan montrant comment le Dharma de Bouddha fut transmis sans altération de Mahakashyapa à Dogen.

Deshimaru, Taisen

1914-1982

Disciple de Kodo Sawaki qui transmit la pratique du zazen en Europe. Arrivé en 1967 en France, il fonda le Temple de la Gendronnière et l’Association zen internationale (AZI). Maître Deshimaru est considéré comme le patriarche-fondateur du zen en Occident. Il ouvrit près de 200 dojos et groupes de zazen et publia de nombreuses traductions et commentaires de textes fondamentaux du zen. Quelques-uns de ses livres : L’Édition intégrale de ses kusen (14 volumes), Vrai zen, La pratique du zen, Autobiographie d’un moine zen, Zen et arts martiaux, Zen et vie quotidienne, Questions à un maître zen, L’anneau de la Voie, Le bol et le bâton.

dharani

Chant constitué de syllabes au contenu symbolique et chargées d’énergie. Le Daihishin dharani est le Dharani de la grande compassion.

Dharma

sk. : loi ; j. : ho

1.- La loi cosmique à laquelle notre monde est soumis. 2.- L’enseignement du Bouddha qui, le premier, prit conscience de cette loi ; la vérité universelle.

dharmas

Avec minuscule et au pluriel

Manifestations de la réalité, phénomènes.

do

ch : tao ou dao

La Voie de l’éveil. Comme suffixe, apparaît dans un grand nombre d’arts inspirés par le zen : kendo : la voie du sabre ; bushido : la voie du guerrier ; kyudo : la voie du tir à l’arc ; chado : la voie du thé ; shodo : la voie de l’écriture, la calligraphie.

Dogen Kigen

1200-1253

Disciple du maître chinois Nyojo et maître de Ejo. Il implanta le zen Soto au Japon et fonda Eiheiji. Son œuvre maîtresse est le Shobogenzo. Principales autres œuvres : le Eihei koroku, le Eihei shingi dont le premier chapitre est le Tenzo kyokun, le Fukanzazengi, le Gakudojojinshu, le Shobogenzo zuimonki, ainsi que les poèmes du Sansho doei. L’enseignement de Dogen repose essentiellement sur trois points : 1.- La pratique sans but ni objet (mushotoku). 2.- L’abandon du corps et de l’esprit (shin jin datsu raku). 2.- La pratique est elle-même satori (shu sho ichi nyo). Maître Deshimaru a ainsi synthétisé Les sept principes du zen de Maître Dogen : 1.- Zazen et satori sont unité. 2.- Tous les êtres et Bouddha sont unité. 3.- Zazen est la plus grande vérité. 4.- Le samadhi de zazen. 5.- L’enseignement et la pratique sont unité. 6.- Au-delà de Dieu et de Bouddha. 7.- Corps et esprit sont unité.

dojo

j. : do : voie ; jo : salle

Lieu où l’on pratique zazen. Également appelé zendo. Par extension, le dojo est le lieu de pratique de divers arts martiaux.

dokan

L’anneau de la Voie, la répétition continuelle des actes de la pratique et de la vie quotidienne. Voir gyoji.

dokusan

Entretien privé entre le maître et le disciple. Surtout pratiqué dans le zen Rinzai.

Doshin

Tao-hsin, 580-651

Quatrième patriarche chinois. Auteur du Repos de l’esprit qui accède à l’absolu. Il fut l’un des premiers maîtres à se détourner de l’étude des sutras pour se concentrer sur la pratique de zazen. C’est à partir de lui que la sangha commença à organiser la vie de temple. A un messager de l’empereur qui le convoquait au palais, Doshin dit : « Si vous voulez ma tête, coupez-là et emportez-là. Il se peut qu’elle aille avec vous mais mon esprit n’ira jamais. »

Eiheiji

j. : temple de la paix éternelle

Un des deux principaux temples du zen Soto au Japon, avec Sojiji. Fondé par Dogen, en 1244, dans une région montagneuse, près de Fukui.

Eisai, Myoan

1141-1214

Maître japonais qui introduisit le zen Rinzai dans son pays après un voyage en Chine, quelques décennies avant que Dogen ne transmette à son tour le zen Soto.

Ejo, Koun

1198-1280

Disciple et secrétaire de Dogen. Ses notes ont rendu possible la rédaction de plusieurs chapitres du Shobogenzo. Auteur du Komyozo zanmai.

Eka

Hui-k’o, 487-593

Deuxième patriarche chinois, successeur de Bodhidharma. Selon la légende, il aurait passé plusieurs jours devant la grotte de Bodhidharma, dans la neige, avant que celui-ci ne l’accepte comme disciple. Et pour prouver sa détermination, Eka se serait coupé le bras gauche. Lorsque Bodhidharma voulut tester ses disciples sur leur compréhension du zen, trois d’entre eux lui donnèrent des explications très savantes mais Eka, lui, fit sanpai en silence.

eko

Dédicace d’une cérémonie. Dans le dojo, le Gojushichi Butsu (liste de 61 bouddhas patriarches) ou un de ses résumés (parfois appelé Grand eko) est chanté le matin alors que le Fueko (Petit eko) l’est le soir.

Eno

Hui-neng, 638-713

Sixième patriarche chinois. Eno et ses disciples — Seigen, Nangaku, Yoka — ouvrirent l’« Âge d’or » du chan. Eno donna au chan jusqu’alors fortement empreint de bouddhisme indien, son visage spécifiquement chinois. Il peut être ainsi considéré, à l’égal de Bodhidharma, comme le véritable père du chan. Ses disciples Seigen et Nangaku furent à l’origine des lignées qui donneront les écoles Soto et Rinzai. Eno est l’auteur du Sutra de l’estrade.

Fukanzazenji

Présentation générale des principes de zazen

Brève introduction à la pratique de zazen que Dogen écrivit en 1228, à son retour de Chine.

funi

Non-dualité.

 

 

funzo-e

j. : fun : caca ; zo : nettoyer

Le plus précieux des kesas, celui fait à partir de tissus rejetés par les hommes.

fuse

j. : don ; sk. : dana

Le don sans esprit de profit. C’est la première des six paramita.

Fuyo Dokai

Fu-ying Tao-kai, 1043-1118

Patriarche chinois qui a donné une nouvelle impulsion au chan Soto. Sa fameuse soupe est à l’origine de la genmai.

gaitan

Espace situé à l’entrée du dojo et réservé aux personnes qui doivent quitter le dojo pendant zazen ou à celles qui ont des problèmes de santé.

gaki

j. : esprit avide

Fantôme affamé, état de l’esprit avide consumé de désirs insatiables de nourritures, de plaisirs, de richesses, de pouvoir.

garuda

Oiseau mythique souvent représenté sous forme hybride, mi-humain, mi-oiseau rapace.

gassho

Geste de révérence, mains jointes, paume contre paume, à une dizaine de centimètres du visage, les avants-bras horizontaux. Voir mudra.

Gendronnière

Tai Sei Bukkyo Dai Ichi Dojo, principal dojo Soto d’Occident pour l’enseignement du Bouddha

Principal temple zen d’Europe fondé par Maître Deshimaru dans le Val De Loire, à 200 km au sud de Paris. La Gendronnière est aujourd’hui le point de convergence de plusieurs sangha où des centaines de disciples se réunissent pour pratiquer ensemble zazen et samu, notamment lors des sessions du camp d’été (Voir ango).

Genjokoan

La vie quotidienne est la vérité

Premier des 95 chapitres du Shobogenzo de Dogen. Ce texte difficile résume la pensée de l’ensemble de l’œuvre.

genmai

Soupe de riz complet, avec ou sans légumes, que les moines zen mangent traditionnellement après le premier zazen du matin.

Gensha Shibi

Hsüan-sha Shih-pei, 835-908

Patriarche chinois, fils de pécheur dont on dit qu’il n’a pas secouru son père tombé à l’eau pour briser son karma de pêcheur. Il eut ensuite le satori lorsque son orteil heurta une pierre. C’est lui qui répondit un jour à son maître Seppo : « Bodhidharma n’est pas venu en Chine et le deuxième patriarche n’est pas allé en Inde. »

go i

j. : go : cinq ; i : principe

Les cinq degrés de l’illumination. Formulés par les maîtres Tozan et Sozan, les go i désignent les différents types de relation mutuelles entre sho (absolu, essentiel, unité) et hen (relatif, phénoménal, multiplicité).

godo

Responsable de l’enseignement dans le dojo, assis traditionnellement à l’arrière du dojo. En Occident, désigne le dirigeant d’une sesshin.

Gunin

dit aussi Konin, Hung-jen, 601-674

Cinquième patriarche chinois, successeur de Doshin et maître de Eno.

Gyohatsunenju

Sutra des repas, parfois aussi désigné par ses premières paroles : Bussho Kapila.

gyoji

j. : gyo : pratiquer ; ji : continuer

La continuation de la pratique. Abréviation de gyo ju za ga (en marchant, debout, assis, couché). Le zen doit être pratiqué dans toutes les occasions de la vie quotidienne.

haïku

Poème japonais de trois vers de 5-7-5 syllabes. À ne pas confondre avec le waka.

Hakuin

1686-1769

Maître japonais, calligraphe et père du zen Rinzai moderne qu’il réforma après une période de déclin de plus de trois siècles. Il systématisa la formation de ses disciples par le koan et réaffirma l’importance de zazen. Il est l’auteur du koan le plus célèbre : « Quel bruit fait une seule main qui applaudit ? »

 

 

hannya

Voir prajna.

Hannya shingyo

Abréviation de Maha hannya paramita shingyo

Sutra du cœur, version très condensée de la Mahaprajnaparamita, présentant de manière claire et concise la doctrine de ku. Chanté tous les jours à la fin du zazen.

hara

Voir kikai tanden.

hatto

Salle du Dharma, lieu de cérémonies.

Hinayana

sk. : petit véhicule

Branche du bouddhisme dont le Theravada est la seule école encore vivante aujourd’hui. Appelée aussi « bouddhisme du Sud » en raison de son implantation en Asie du Sud-Est (Sri Lanka, Thaïlande, Birmanie, Cambodge, Laos). C’est la Voie de l’arhat qui obtient son propre salut par ses propres forces.

hishiryo

j. : hi : au-delà ; shiryo : pensée

L’au-delà de la pensée, penser du tréfonds de la non-pensée. Penser sans penser, sentir sans sentir. La conscience hishiryo apparaît quand la conscience personnelle suit l’ordre cosmique. Expression apparue pour la première fois dans le Shinjinmei de Maître Sosan.

Hokyozanmai

Samadhi du miroir précieux

Poème de Maître Tozan qui exprime l’expérience de l’ainséité des choses, de leur nature de bouddha.

hosan

Journée hebdomadaire de repos dans les monastères zen.

hossu

Court bâton garni de poil de yack utilisé par le maître pendant les cérémonies d’ordination. À ne pas confondre avec le kotsu.

Hyakujo Ekai

Pai-chang Huai-hai, 720-814

Patriarche chinois, disciple de Baso et maître de Obaku qui, le premier, édicta les règles de la vie monastique chan en insistant sur le lien entre zazen et le travail de la vie quotidienne.

 

 

 

C’est lui qui a dit : « Un jour sans travail, un jour sans manger. » Il a résumé ainsi son enseignement sur l’illumination subite : « Quand les choses arrivent, n’ayez aucune réaction : empêchez votre esprit de se fixer sur quoi que ce soit, gardez-le aussi tranquille que le vide et parfaitement pur. »

i shin den shin

j. : i : avec ; shin : esprit ; den : transmettre

D’esprit à esprit, de mon cœur à ton cœur. Expression utilisée la première fois par Eno pour exprimer la relation directe de maître à disciple.

ikebana

Art de l’arrangement des fleurs.

Ikkyu Sojun

1394-1481

Maître Rinzai, peintre, calligraphe et poète. Fils illégitime d’un empereur, il devint l’un des personnages les plus populaires du Japon par la profondeur de son humour et son non-conformisme.

immo

j. : ainséité, cela ; sk. : tathata

Ce qui est. Le corps et l’esprit de l’éternel présent. La réalité ultime des choses.

inkin

Clochette montée sur manche.

innen

Production conditionnée, origine interdépendante. Concept difficile mais fondamental du bouddhisme. C’est l’ensemble du mécanisme de la causalité du karma, de l’ignorance à la mort, que le Bouddha découvrit juste avant son Éveil. Il y a douze liens de cette production conditionnée (juni innen) : 1.- L’ignorance 2.- L’action 3.- La conscience 4.- L’objet des sens. 5.- Les six organes des sens 6.- Le contact 7.- La sensation 8.- Le désir 9.- L’attachement 10.- Le devenir 11.- La naissance 12.- La vieillesse et la mort.

ino

Responsable des moines dans un monastère et, par extension, du chant des sutras dans le dojo.

interdépendance

Voir innen.

ji

Temple. Suffixe de Eiheiji, Sojiji, Seikyuji.

ji hi

Compassion.

Jinshu

Shen-hsiu, 605-706

Vaincu par Eno dans le concours de poésie qui les opposa pour la succession du cinquième patriarche, il revendiqua néanmoins la succession et fonda l’Ecole chan du Nord qui déclina au bout de quelques générations.

Joshu

Chao-chou Ts’ung-shen, 778-897

Disciple de Nansen. Un des plus grands maîtres Rinzai qui vécut 119 ans. Dogen l’appelait « le vieux Bouddha ». A un de ses disciples qui lui demandait quelle était l’essence du zen, Joshu répondit : « As-tu fini de manger ta genmai ? Alors va laver ton bol. » Autre mondo célèbre : à Nansen voulant savoir ce qu’était la vraie Voie, il dit : « L’esprit normal, l’esprit de tous les jours est la vraie Voie. Celui qui la recherche s’en éloigne. »

kai

j. : précepte ; sk. : sila

Les kai sont les préceptes du Mahayana, transmis de Bouddha à Mahakashyapa, qui décrivent le comportement juste de l’être éveillé. Leur pratique libère, leur non observation asservit. Les kai se distinguent des règles de conduite du Vinaya (voir Tripaka) établies, elles, pour corriger les erreurs des moines et des nonnes.

Les dix kai fondamentaux sont : ne pas tuer, ne pas voler, ne pas mentir, ne pas avoir de mauvaise sexualité, ne pas s’enivrer, ne pas critiquer, ne pas s’admirer en méprisant les autres, ne pas être avide, ne pas se mettre en colère, ne pas critiquer les trois trésors.

kaikysokan

Responsables des missions étrangères de la Sotoshu Shumucho. (Voir Soto).

kalpa

Période extrêmement longue, plusieurs milliards d’années, de la cosmologie bouddhiste. Une des nombreuses illustrations de sa durée : en supposant qu’une écharpe de soie caresse une fois tous les cent ans la pierre de la plus haute montagne, il faudrait un kalpa pour que celle-ci soit complètement érodée.

kan

j. : vue profonde, pénétrante ; sk. : vipasyana

Etat d’observation, qui associé à la concentration, shi, donne l’attitude correcte de l’esprit pendant zazen.

kanji

Idéogrammes chinois que les Japonais vont adopter et simplifier à partir du VIIe siècle. Les kanji représentent aujourd’hui un des trois systèmes d’écriture japonaise.

kannin

Responsable de l’organisation d’un temple zen.

Kannon

sk. : Avalokitesvara

Le bodhisattva le plus populaire. Incarnation de la compassion infinie, il est représenté sous une forme masculine ou féminine suivant les pays. C’est le Kanjizai du début de l’Hannya shingyo.

karma

sk. : acte ; j. : go

1.- Action produite par la pensée, la parole ou le comportement. 2.- Enchaînement des actes et de leurs conséquences. Le karma exprime la loi de causalité universelle selon laquelle tout acte est comme une plante qui laisse tomber une graine qui va un jour produire un fruit qui tombera un jour sur l’auteur de l’acte.

Keizan Jokin

1268-1325

Quatrième patriarche japonais, fondateur de Sojiji, un des deux principaux temples Soto. Auteur du Denkoroku, il promulgua l’enseignement du zen dans tout le Japon. A encore écrit le Keizan Shinki et le Zazen Yojinki.

kentan

j. : ken : examiner ; tan : estrade

Traversée du dojo que le godo fait au début du zazen pour saluer et observer les pratiquants.

kesa

sk. : kasaya, de couleur ocre

Robe des moines et des nonnes composée de plusieurs bandes de tissu rectangulaires. Drapé sur l’épaule gauche, le kesa se porte sur le kolomo noir et le kimono blanc. Le kesa symbolise la transmission de maître à disciple. Rien dans le zen ne fait l’objet d’une plus haute vénération. Dogen a écrit : « Le kesa est le cœur du zen, la moelle de ses os. » Voir funzo-e.

ketsumyaku

 j : lignée invisible du sang

Certificat, remis lors des ordinations, attestant l’appartenance à la lignée de la transmission qui va du Bouddha et des patriarches jusqu’au disciple.

ki

j. : énergie, activité

Énergie du corps, vitalité, source de la vie.

kikai tanden

j. : ki : énergie ; kai : océan ; tan : essence ; den : champs

Zone du corps située 5 centimètres sous le nombril, source de l’énergie. Synonyme de hara.

kin hin

j. : kin : vertical ; hin : aller, la pratique

Marche lente et rythmée par la respiration pratiquée durant quelques minutes entre deux périodes de zazen. C’est zazen en mouvement.

kito

j. : grâce

Rituel d’intercession pour venir en aide à une personne en grande difficulté physique ou morale.

koan

j. : affiche publique

Paroles, actes ou gestes qui amènent à la compréhension de la vérité. Instrument d’éducation des disciples surtout utilisé dans le zen Rinzai.

Komyozo zanmai

Le samadhi du grenier de la grande sagesse

Œuvre de Koun Ejo, secrétaire et successeur de Maître Dogen.

Konin

Voir Gunin.

kontin

j. : kon : obscurité ; tin : sombrer

État de l’esprit qui sombre dans la somnolence.

kotsu

Bâton incurvé que le maître tient dans sa main pendant les enseignements. À ne pas confondre avec le hossu.

ku (1)

j. : ciel, vide ; sk. : sunyata

Le vide, la vacuité. Concept central du bouddhisme selon lequel tout ce qui existe est dénué de substance durable et autonome et n’est rien d’autre qu’apparence. Ku ne signifie pas « rien » par opposition à « quelque chose ». Ku inclut tous les phénomènes. C’est la source pure, l’essence.

ku (2)

sk. : dukkha

Souffrance. Ne pas confondre avec le précédent. Par exemple, dans l’Hannya Shingyo « go on kai ku (vide) do is sai ku (souffrance) » : les cinq skandha sont vacuité, voir cela ôte la souffrance.

 

 

ku soku zeku shiki, shiki zoku ze ku

La vacuité n’est pas différente des phénomènes, les phénomènes ne sont pas différents de la vacuité. Phrase centrale de l’Hannya shingyo.

Kumarajiva

344-413

Le plus important traducteur en chinois de textes et de sutras d’origine sanscrite.

kusen

j. : ku : bouche ; sen : enseignement

Enseignement oral donné par le maître dans le dojo, pendant zazen. À ne pas confondre avec teisho.

kyosaku

j. : kyo : attention ; saku : bâton

Bâton aplati, souvent en chêne, avec lequel le maître ou l’un de ses assistants (kyosakuman) frappe les épaules du disciple. C’est le bâton de l’éveil qui aide à la concentration lorsque le mental est agité ou que la posture se relâche. Il est symbolise l’épée de la sagesse.

lotus

1.- Fleur vivant dans les eaux fangeuses, symbole de la vraie nature de l’homme que ne peuvent souiller ni la boue du monde du samsara, ni l’ignorance. 2.- Posture assise avec le pied droit sur la cuisse gauche et le pied gauche sur la cuisse droite.

Mahakashyapa

Première personne à recevoir la transmissión du Dharma du Bouddha. Un jour, le Bouddha prit une fleur et la fit tourner délicatement entre ses doigts. Seul Mahakashyapa comprit ce geste et sourit. Bouddha lui dit alors : « Je possède l’œil du vrai Dharma, l’esprit serein du nirvana (shobogenzo nehan myoshin). L’essence de mon enseignement, toi seul l’a compris. Maintenant, je te transmets le Dharma car tu l’as réalisé. » Il est aussi le premier patriarche indien qui convoqua le premier concile, celui de Rajagriha, en 483, pour préserver l’enseignement du Bouddha.

Mahayana

sk. : grand véhicule

Branche du bouddhisme qui fit son apparition au 1er siècle avant J.-C. De l’Inde, ses différentes écoles se développèrent au Tibet (bouddhisme tibétain), en Chine (chan) et au Japon (zen). Appelé aussi le « bouddhisme du Nord ». L’idéal du Mahayana est le bodhisattva qui n’aspire à l’éveil que pour pouvoir ensuite sauver tous les êtres.

maku mozo

Ne vous faites pas d’illusions.

Expression couramment calligraphiée sur les kyosaku.

Manjusri

(j : Monju)

Bodhisattva de la sagesse et la méditation. Il est généralement représenté tenant dans une main l’épée de la sagesse et dans l’autre un livre de la Prajnaparamitasutra.

Mara

sk. : tueur de vie

Le roi des démons du monde des désirs qui enchaînent l’homme, symbole de l’appétit de pouvoir et incarnation de la mort.

men mitsu

j. : men : coton ; mitsu : miel, sans le moindre interstice, intime

Délicat, attentif. S’oppose à zusan.

Menzan Zuiho

1683-1769

Moine japonais, auteur du Jijuyu Zanmai.

mokugyo

j. : bois-poisson

Tambour en bois creusé, généralement sculpté en forme de poisson, utilisé pour marquer le rythme des sutras.

mokusho zen

j. : moku : silence ; sho : briller, illuminer

Le zen de l’illumination silencieuse. Expression datant de l’époque de Maître Wanshi, XIIe siècle, pour caractériser la pratique du zen Soto face à celle du zen Rinzai surtout centrée sur la méditation des koans (kannazen).

mondo

j. : mon : question ; do : réponse

Séance de question-réponse entre le maître et ses disciples.

Morejona

Voir Seikyuji.

mu

j. : non, ch. : wu

1.- Préfixe privatif comme dans mushotoku (non-profit), mukodoku (non-mérite), mushin (non-esprit), mushi (rien de spécial), musho (ni naissance ni mort), muga (non-ego, non substancialité de l’ego). 2.- La non existence.

mudra

sk. : sceau, signe

Position symbolique des mains. Les mudras utilisés dans la pratique du zen : gassho (salutation), hokkaijoin (pendant zazen), isshu (pendant kin hin), sasshu (pour se déplacer dans le dojo).

mujo

j. : impermanence

L’impermanence, trait fondamental de ce qui naît, vit et meurt. Concept essentiel du bouddhisme : toutes les existences phénoménales sont aussi impermanentes qu’une étoile filante ou une goutte de rosée sur l’herbe du matin.

mushotoku

j. : mu : non ; shotoku : obtenir

Sans but ni esprit de profit.

Nagarjuna

IIe-IIIe siècle

Quatorzième patriarche indien. Grand philosophe commentateur de la Prajnaparamitasutra. Il fut le premier bouddhiste à créer un système philosophique montrant la vacuité (ku) du monde. Sa philosophie fut appelée Madhyamika (Voie du milieu ).

Nangaku Ejo

Nan-yüeh Huai-jang, 677-744

Disciple d’Eno et maître de Baso, il fut à l’origine de ce qu’on appellera plus tard l’école Rinzai. Un des seuls épisodes connus de sa vie, celui des deux tuiles qu’il polit pour en faire un miroir, afin de montrer à Baso que sa pratique intense de zazen ne permet pas de devenir Bouddha.

naraka

Enfer de la cosmologie bouddhiste, notion qui représente un état de conscience plus qu’un lieu.

nirvana

sk. : extinction ; j. : nehan

Ce terme désigne d’abord l’état de libération obtenu par le Bouddha Shakyamuni mais a également de nombreux autres sens selon les diverses écoles bouddhistes. Pour le zen, il représente la réalisation de la nature de bouddha par la pratique juste de la vraie sagesse.

noumène

Substance durable et autonome. Pour le bouddhisme, les êtres et les choses n’ont pas de noumène. Elles ne sont rien de plus que de simples apparences.

Nyojo, Tendo

T’ien-tung Ju-ching, 1163-1228

Patriarche chinois, maître de Dogen et grand rénovateur de chan Soto.

Obaku, Kuin

Huang-po Hsi-yuan, ?-850

Disciple de Hyakujo et maître de Rinzai. L’enseignement d’Obaku, géant au front couvert de bosses proéminentes, a été conservé dans un livre d’Entretiens.

Octuple sentier

Les huit points de la Voie pour se libérer de la souffrance et parvenir à l’éveil que le Bouddha a énoncé dans la dernière des Quatre nobles vérités. Ce sont : la compréhension juste, la pensée juste, la parole juste, l’action juste, les moyens d’existence justes, l’attention juste, l’effort juste, la concentration juste.

oryoki

Bol des moines utilisé pour la mendicité et pour la cérémonie des repas.

paramita

sk. : ce qui a atteint l’autre rive ; j. : haramitsu

Vertu, perfection que réalise le bodhisattva. Les six paramita sont : le don (j. : fuse ; sk. : dana) ; l’observation des préceptes (jikai, shila) ; la patience (ninniku, kshanti) ; l’effort, l’énergie (shojin, virya) ; la méditation (zenjo, dhyana) ; la sagesse (chie, prajna).

prajna

sk. : sagesse, connaissance suprême ; j. : hannya, e, chi’e

Sagesse issue de l’expérience de ku, qui naît de la compréhension profonde de l’unité et de la non-substancialité de toutes les existences.

Prajnaparamitasutra

Voir Sutra de la sagesse suprême.

Pratyeka-bouddha

sk. : illuminé solitaire

Bouddha qui obtient l’illumination par lui-même et pour lui-même. Dans la hiérarchie de sainteté, il occupe le niveau intermédiaire entre l’arhat et le Bouddha.

Quatre nobles vérités

L’enseignement dispensé par le Bouddha dans le Sermon du Parc des gazelles, près de Bénarès, 49 jours après son éveil : 1.- La vérité sur la souffrance (les cinq skandha sont souffrance) 2.- La vérité sur l’origine de la souffrance (le désir-attachement) 3.- La vérité sur la cessation de la souffrance (se libérer du désir et de l’attachement) 4.- La vérité de la Voie (l’Octuple sentier ).

 

 

raihai

j. : rai : attitude ; hai : s’incliner

Prosternation. Les principales formes de prosternation dans le dojo : gassho, sanpai, la position à genoux debout lors des ordinations. Raihai signifie aussi l’esprit religieux.

rakusu

j. : raku : félicité

Petit kesa porté sur la poitrine, utilisé pour le samu et les voyages.

rensaku

Série de coups de kyosaku.

Rinzai

École zen introduite au Japon par Eisai en 1190 et fondée sur les enseignements de Maître Rinzai (IXe siècle). Une des deux grandes écoles avec le zen Soto.

Rinzai Gigen

Lin-chi I-hsuan ?-866

Disciple d’Obaku et fondateur de l’école zen qui port son nom, la seule école qui, avec le Soto, a survécu jusqu’à nos jours. Eduquait ses disciples avec des cris brutaux et les koans. Ses sermons, recueillis dans ses Entretiens sont toniques et musclés : « Si vous rencontrez le Bouddha, tuez le Bouddha. Si vous rencontrez les patriarches, tuez les patriarches. » « Il n’y a pas d’effort dans le Dharma du Bouddha. Le tout est de se tenir dans l’ordinaire et sans affaire. »

rohatsu

Le 8 décembre, jour anniversaire de l’éveil du Bouddha Shakyamuni. Traditionnellement, la Rohatsu sesshin a lieu du 1 au 8 décembre.

roshi

j. : ro : vieux ; shi : maître

Titre honorifique réservé aux maîtres zen d’un âge avancé.

Roue de la Loi

Symbole de l’enseignement du Bouddha. Elle fut mise en mouvement lors du sermon sur les Quatre nobles vérités que le Bouddha fit après son éveil.

Ryokan, Daigu

1758-1831

Moine japonais qui vécut dans un ermitage. Ses poèmes témoignent d’une pureté et d’un détachement hors du commun. Son amour des enfants, avec lesquels il aimait jouer des jours entiers, est resté proverbial.

 

 

samadhi

sk. : fixer, attacher ; j. : zanmai

État de total recueillement de l’esprit en lui-même sans dualité entre le sujet et l’objet.

samsara

sk. cycles des existences ; j. : shoji rinne

Le monde des phénomènes, la chaîne des existences.

samu

Travail de la vie quotidienne avec la concentration de zazen dans un esprit mushotoku et de fuse pour la sangha.

Sandokai

Harmonie entre la différence et l’égalité

Poème composé par Sekito Kisen pour exprimer le samadhi qui transcende toutes les dualités. Souvent récité dans les temples zen.

sangha

sk. : communauté

Le rassemblement des moines et des nonnes qui pratiquent avec leur maître. Au sens large, la sangha désigne l’ensemble des pratiquants. La sangha est l’un des Trois trésors.

sanpai

Et non pas sampai ; j. : san : trois ; pai : prosternation

Suite de trois prosternations devant Bouddha en total abandon du corps et de l’esprit.

sanran

j. : san : dispersé ; ran : être dans la confusion

État l’esprit excité, errant, songeur, pensant.

sanzen

Dans le zen Soto : synonyme de zazen. Dans le zen Rinzai : entretien du maître avec son disciple où celui-ci expose sa compréhension des koans.

Sariputra

Disciple du Bouddha célèbre pour sa sagesse et son savoir. Il est, dans plusieurs sutras, l’interlocuteur principal du Bouddha. Le Sharishi de l’Hannya Shingyo, c’est lui.

satori

j. : illumination

Expérience de l’éveil. Le retour de l’individu à sa vraie nature. Soudaine compréhension. C’est la condition normale du corps et de l’esprit. Dans le zen Soto, on ne recherche pas le satori. Zazen lui-même est satori. Dans le Shobogenzo, Dogen commente « Les huit satori du grand homme », c’est le Sutra du testament du Bouddha : 1.- Peu désirer (shojuku) 2.- Comprendre assez (chisoku) 3.- La joie tranquille (onri) 4.- L’effort (shojin) 5.- Pas d’illusion (fumonen) 6.- Le samadhi de la pratique de zazen (zenjo) 7.- La sagesse produite par zazen (chiei) 8.- La non-discussion (fukeron).

Sawaki, Kodo

1880-1965

Maître de Taisen Deshimaru qui redonna un nouveau souffle au zen en le sortant des temples figés par le formalisme. Enseigna la pratique de shikantaza au cours d’innombrables sesshin dans tout le Japon. On le surnomma « Kodo sans demeure » à cause de son refus de s’installer dans un temple.

sayonara

j. : au-revoir

Dernier repas d’une sesshin.

Seigen Gyoshi

Ch’ing yüan Hsing ssu, 660-740

Disciple de Eno et maître de Sekito, il fut à l’origine de la lignée qui donnera plus tard l’école Soto.

Seikyuji

Temple de l’antique pureté

Temple zen de la Morejona situé à 50 km de Séville, dont Raphaël Doko Triet est l’abbé. Il prend son nom du petit temple de Maître Deshimaru au Japon.

seiza

Position assise dans le creux des talons, genoux au sol légèrement écartés.

Sekito Kisen

Shih-t’ou Hsi-ch’ien, 700-790

Disciple de Seigen et maître de Yakusan. Auteur du Sandokai et du poème Chant de la hutte au toit de paille. Son corps, momifié naturellement en posture de zazen, est conservé à Sojiji.

sensei

j. : né avant

Appellation respectueuse destinée aux enseignants.

sesshin

j. : setsu ; toucher ; shin : esprit

Période de un à plusieurs jours de pratique intensive de zazen.

shi

j. : cesser, arrêter ; sk. : samatha

Etat de concentration qui associé à l’observation, kan, donne l’attitude correcte de l’esprit pendant zazen.

Shiguseigan

Les quatre vœux du bodhisattva, quotidiennement chantés dans les dojos : « Les êtres sont innombrables ; je fais le vœu de les liberes tous. Les illusions sont inépuisables ; je fais le vœu de les épuiser toutes. Les accès au Dharma sont illimités ; je fais le vœu de les atteindre tous. La voie du Bouddha est indépassable ; je fais le vœu de l’accomplir. »

shiho

Cérémonie de transmission du Dharma.

shikantaza

j. : shikan : sans rien ; ta : rencontre r ; za : être assis

Seulement s’asseoir. L’assise concentrée dans la posture de zazen, corps et esprit abandonnés, sans l’aide d’aucune technique de concentration (koan, comptage des respirations, visualisations…).

shiki (1)

sk. : rupa

Le corps, les phénomènes d’ordre physique. C’est le premier des cinq skanda.

shiki (2)

sk. : vijnana

La conscience dualiste qui se place toujours comme sujet d’un objet. C’est le dernier des cinq skanda.

shin

j. : cœur, esprit, conscience ; sk. : citta

1.- L’esprit de l’homme. 2.- La réalité absolue, la vraie nature. 3.- La foi. Shin est le radical de nombreuses expressions très utilisées dans le zen : bodaishin : l’esprit d’éveil ; hotsubodaishin : produire l’esprit d’éveil ; zanshin : l’esprit qui demeure vigilant ; hoshin : l’esprit du débutant ; heijoshin : l’esprit ordinaire. Dans le Tenzo kyokun, Dogen parle des trois esprits du responsable : kishin : l’esprit frais, joyeux ; roshin, l’esprit bienveillant des parents ; daishin : l’esprit large.

 

 

shin jin datsu raku

Le corps et l’esprit abandonné.

C’est en entendant ces mots de son maître Nyojo réprimandant un moine endormi que Dogen obtint l’éveil.

shingi

j. : règle

Règles régissant la vie quotidienne dans les monastères zen. Dogen, Keisan et d’autres maîtres ont écrit leur propre livre de shingi.

Shinjinmei

Recueil de poèmes sur la foi en l’esprit

Le plus ancien poème du zen attribué à Maître Sosan. Premier texte qui fusionne le taoïsme et le bouddhisme Mahayana. C’est là que le terme hishiryo apparaît pour la première fois. Le premier des 73 versets est le plus connu : « Pénétrer la Voie n’est pas difficile, mais il ne faut ni amour ni haine, ni choix ni rejet. »

Sho

1.- Vie, naissance. 2.- Nature. 3.- Illumination

Shobogenzo

Trésor de l’œil du vrai Dharma

Ouvrage monumental de 95 chapitres de Maître Dogen. Il s’agit d’une compilation de teisho et divers écrits des vingt dernières années de sa vie et de d’ajouts faits par Ejo après la mort du maître. Une des œuvres majeures du zen et de la littérature religieuse japonaise qui aborde tous les grands thèmes de la pratique du zen et de la philosophie bouddhiste. Parmi les chapitres les plus connus : Genjokoan, Zazenshin, Bendowa.

Shodoka

Chant de l’immédiat satori

Chant de 78 poèmes écrits par Yoka Daishi pour exprimer que la Voie est ici et maintenant.

shoji

Vie et mort. Voir samsara.

shoko

Encens en poudre que l’on offre au Bouddha avant de le faire brûler sur un charbon ardent.

shravaka

sk. : auditeur

Disciples aspirant à l’illumination personnelle par l’audition du Dharma et sans aucun reste d’attache terrestre. Correspond au stade de l’arhat.

 

 

shu sho ichi nyo

j. : shugyo : la pratique ; sho : satori ; ichi nyo : non séparé

Zazen et satori sont unité. Se traduit aussi : la pratique et le satori sont unité. Principe fondamental du zen de Dogen qui signifie qu’on ne pratique pas zazen pour obtenir le satori mais que zazen lui-même est pratique-réalisation.

shukke

j. : hors de la demeure

Appellation courante du moine zen par opposition au laïc, le zaike qui, lui, « demeure au foyer ». Voir unsui.

shusso

j. : moine du premier siège

Désigne le premier disciple, généralement pour une période de six mois, qui doit être un exemple par son comportement. En Europe désigne le responsable du bon ordre et de la concentration dans le dojo.

skandha

sk. : groupe ; j. : un

Terme désignant les cinq agrégats (panca skandha, go un) composant la personnalité : 1.- La corporéité, les phénomènes physiques (shiki) 2.- Les sensations plaisantes, désagréables ou neutres (ju) 3.- Les perceptions, sentiments ou notions qui discernent ce que nous expérimentons (so) 4.- Les facteurs mentaux qui construisent la vision karmique de l’individu (gyo) 5.- La conscience dualiste qui se place toujours comme sujet d’un objet (shiki, idéogramme différent du premier). La nature douloureuse et impermanente des cinq skandha est l’un des thèmes centraux du bouddhisme.

sodo

Temple formateur. Eiheiji et Sojiji sont les deux principaux sodo du zen Soto.

Sojiji

Un des deux temples principaux du zen Soto, avec Eiheiji. Fondé par Keizan, en 1321, près de Yokohama, au sud de Tokyo.

Sosan

Seng Tsan, ?-606

Troisième patriarche chinois, disciple d’Eka et maître de Doshin. Guérit de la lèpre par son maître, il écrivit le Shinjinmei et mourut dans la posture de kin hin.

Soto

Plus ancienne et plus importante école zen empruntant son nom aux Maîtres Sozan (so) et Tozan (to). Introduite au Japon par Maître Dogen. Le zen Soto privilégie le mokusho zen et shikantaza. Au Japon, le zen Soto est organisé administrativement par la Sotoshu Shumucho.

 

 

sumi e

j. : sumi : encre noire en bâton ; e : peinture

Art de la peinture à l’encre noire sur du papier blanc.

sutra

sk. : fil conducteur ; j. : kyo

Les sermons du Bouddha, textes en prose introduits par les mots : « Ainsi ai-je entendu. » Selon la tradition, lors du premier concile organisé un an après la mort du Bouddha, Ananda reconstitua de mémoire tous les enseignements qu’il avait entendu. Les sutras mahayanistes, bien que rédigés au début de notre ère en sanscrit, nous sont parvenus dans leur version chinoise ou tibétaine.

Sutra de l’estrade

Œuvre d’Eno, le seul texte chinois qui reçut par la suite le titre de sutra, où apparaît pour la première fois l’expression i shin den shin.

Sutra de la sagesse suprême

sk. : Prajnaparamitasutra

Ensemble d’une quarantaine de sutras mahayanistes, tous rédigés au début de notre ère qui traitent de la réalisation de la sagesse (prajna) et développe la notion de vacuité. Les Commentaires qu’en fit Nagarjuna résument la philosophie du Mahayana.

Sutra de l’enseignement de Vimalakirti

Important sutra mahayaniste mettant en scène le riche marchand et très sage Vimalakirti et les disciples du Bouddha. Ce sutra insiste notamment sur l’égalité de valeur entre la vocation laïque et la vocation monastique.

Sutra du cœur

j. : Maka hannya haramita shingyo

Le plus court et le plus populaire des sutras psalmodié quotidiennement dans les temples zen. Voir Hannya Shingyo.

Sutra du diamant

j. : Kongo Kyo

Partie autonome du Prajnaparmitasutra. Eno encore enfant, s’éveilla en entendant un moine réciter la célèbre phrase : « Lorsque l’esprit ne demeure sur rien, le véritable esprit apparaît. »

Sutra du lotus

Sermon que le Bouddha a prononcé sur le Pic du Vautour. Un des plus anciens sutras du Mahayana qui en renferme les idées essentielles : la nature transcendantale du Bouddha et la possibilité de salut pour chacun. De nombreuses paraboles comme celle de la maison qui brûle. Son 25e chapitre forme le Sutra de Kannon.

 

 

Sutra Lankavatara

Sutra mahayaniste qui insiste tout particulièrement sur l’illumination qui libère de toute dualité et de toute discrimination. Ce sutra qui exerça une grande influence sur le zen.

Suzuki Daisetz

1870-1966

Érudit bouddhiste qui a propagé le zen, particulièrement le Rinzai, en Occident. Auteur de 100 ouvrages, notamment des Essais sur le bouddhisme.

Suzuki Shunryu

1905-1971

Maître japonais qui transmit la pratique de zazen aux Etats-Unis vers la fin des années cinquante et créa le San Francisco Zen Center. Auteur de Esprit zen, esprit neuf.

taiko

j. : grand maître

Moine ou nonne qui pratique dans la sangha depuis cinq ans de plus que le moine qu’il rencontre.

takuhatsu

Mendicité.

tanto

Assistant du godo pour l’enseignement dans le dojo. En Europe, désigne l’assistant du responsable de sesshin.

Tathagata

sk. : ainsi venu ; j. : nyorai

Une des appellations du Bouddha qui signifie : celui qui vient à l’état d’être ainsi (tathata ).

tathata

sk. : la vérité, c’est ainsi ; j. : nyoze

Ainséité, caractère de ce qui est ainsi. Les textes bouddhiques regorgent d’expressions plus ou moins synonymes : vraie nature de bouddha, non-dualité, ultime réalité, vérité essentielle.

tanto

Responsable du bon fonctionnement de toutes les activités du temple. Le tanto veille en particulier au déploiement de « l’esprit juste ».

teisho

j. : exposition

Approfondissement par un maître d’un point du Dharma.

 

 

tenzo

Responsable de la cuisine dans un temple zen.

Tozan Ryokai

Tung-shan Liang-chieh, 807-869

Patriarche chinois auteur de l’Hokyo zanmai et créateur de la théorie des go i.

Tripitaka

sk. : triple corbeille

Les trois canons du Dharma : 1.- Les sutras (sermons du Bouddha) ; 2.- Le Vinaya (règles de discipline) ; 3. -L’Abhidharma ou sastras (commentaires).

Trois poisons

j : sandoku

Les trois principaux bonno, causes de la souffrance : 1.- L’ignorance, l’étroitesse d’esprit (mumyo) 2.- Le désir-attachement (aijaku) ; 3.- La colère-haine (doki).

Trois trésors

j. : sambo

1.- Le Bouddha ; 2.- Le Dharma ; 3.- La sangha.

udumbara

Fleur mythique qui ne fleurit qu’une fois tous les 3000 ans. Métaphore montrant combien est rare la chance de rencontrer la Voie.

unpan

Instrument de métal en forme de nuage sur lequel on frappe trois série de coup de marteau pour appeler les moines aux repas.

unsui

j : un : nuage ; sui : eau

Novice dans les monastères zen et, par extension, appellation courante du moine zen. Voir shukke.

Upali

Un des dix grands disciples du Bouddha, le spécialiste de questions de disciplines et des rites.

Voie du milieu

La Voie du Bouddha Shakyamuni renonçant aux extrêmes (plaisirs des sens / mortification). C’est aussi le nom de l’école de Nagarjuna (Madhyamika) qui englobe les contraires (négation / affirmation ; vérité relative / vérité absolue).

waka

Poème japonais de 5 vers de 5-7-5, 7-7 syllabes. Ancêtre du haïku.

Wanshi Shogaku

Hung-chih Cheng-chueh, 1091-1157

Maître chinois très admiré par Dogen — qui l’appelait affectueusement oncle — à qui l’on doit l’expression mokusho zen, le zen de l’illumination silencieuse. Son Zazenshin a fortement influencé celui de Dogen.

Yoka Gengaku

Yung-chia Hsuan-chueh, 665-713

Patriarche chinois, disciple d’Eno. Auteur du Shodoka.

zafu

Coussin rempli de kapok sur lequel on s’asseoit pour pratiquer zazen.

zafuton

Petit tapis carré sur lequel on pose le zafu.

zagu

Pièce d’étoffe que l’on déplie devant soi pour faire sanpai. Grâce au zagu le kesa ne touche pas le sol.

zanmai

Prononciation japonaise du mot samadhi.

zazen

j : za : assis ; zen : concentration

Posture assise concentrée sur la position précise du corps et une profonde respiration sans entretenir ou repousser les pensées qui surgissent. Voir hishiryo. Dans le zen Soto, zazen est considéré comme la manifestation de l’éveil, la réalisation de la nature de bouddha. Dans le Fukanzazengi, Maître Dogen écrit : « Le zazen dont je vous parle n’est pas l’apprentissage de la méditation. Zazen est la manifestation de l’ultime réalité. Les pièges et les filets ne peuvent jamais l’atteindre. Une fois que vous avez saisi son cœur, vous êtes semblable au dragon quand il arrive dans l’eau et au tigre quand il pénètre dans la montagne. »

Zazenshin

Conseils pour une pratique juste de zazen

Douzième chapitre du Shobogenzo de Maître Dogen qui cite et commente le Zazenshin de Maître Wanshi.

Zeissler, Étienne

Mokusho Senku, 1946-1990

Un des tout premiers disciples de Maître Deshimaru dont il fut le traducteur. Plusieurs de ses kusen furent regroupés dans Le chant de l’illumination silencieuse.

zen

j : méditation, concentration ; ch. : chan ou tch’an ; sk. : dhyana

École bouddhiste qui se développa en Chine au VIe et VIIe siècle grâce à la fusion du bouddhisme transmis par Bodhidharma et du taoïsme. Sa caractéristique essentielle est la pratique de zazen, l’expérimentation directe de ce que réalisa le Bouddha quand il obtint l’éveil. Bodhidharma l’aurait défini ainsi : « Une transmission spéciale en dehors des Écritures (j. : kyoge betsuden) ; aucune dépendance à l’égard des mots et des lettres (furyu monji) ; pénétrer directement le cœur-esprit de l’homme (jikishi ninshin) ; contempler sa propre nature et réaliser l’état de bouddha (kensho jobutsu). » A partir du sixième patriarche, Eno, le zen va se développer (plus que s’opposer) en Ecole du Nord (illumination graduelle) et Ecole du Sud (illumination subite). Au sein de cette dernière vont fleurir « Cinq Maisons » — Soto, Ummon, Honen, Rinzai, Igyo — qui représentent non pas des courants antagonistes mais des styles de pratique marqués de l’empreinte des maîtres fondateurs.

zenji

Maître zen. Titre souvent attribué à titre posthume. Sert également à désigner les supérieurs des deux temples principaux : Eiheiji et Sojiji.

zusan

Indélicat, rude, sans attention. S’oppose à men mitsu.