Cartas a la Sangha

«Le son de la cloche retentira à nouveau»

Lettre à la sangha de Raphaël Doko Triet, abbé du temple

Chers amis, chères amies

Voici que les frontières ouvrent enfin, les portes de notre temple vont s’ouvrir toutes grandes, et les sessions d’été vont enfin commencer. Le son du bonsho retentira à nouveau et portera loin son chant. La sangha va se retrouver et réapprendre les gestes tant de fois répétés depuis des siècles : le tenzo de la genmai qui, le premier levé, part à la cuisine la réchauffer ; la cloche qui résonne dans la nuit. Alors, se lever le matin et se diriger vers le dojo ; le doshi part faire le tour des autels et offre les encens ; le jour qui se lève dans le silence de zazen ; la cérémonie et l’invitation aux patriarches; la procession dans le chant du bonsho et de la clochette contant une histoire qui se joue depuis la nuit des temps ; Le dharani chanté devant Idaten ; Puis le sutra des repas, l’ouverture des bols et la genmai au goût si fin.

 

Du temps de Maître Deshimaru, nous étions un certain nombre à faire toutes les sessions. Nous avions l’impression de manquer un événement de grande importance si nous ne les faisions pas toutes.

 

Chaque matin la même histoire se répète, et c’est à chaque fois le même émerveillement. C’est, avec le regard neuf et à la fois répété, qu’il nous faut redécouvrir chaque matin.

Du temps de Maître Deshimaru, nous étions un certain nombre à faire toutes les sessions. Nous avions l’impression de manquer un événement de grande importance si nous ne les faisions pas toutes.

Les plus anciens doivent guider les plus jeunes vers l’éveil en leur dévoilant la lune.

La nature originelle de bouddha, qui se trouve au cœur de tous les êtres vivants, est comme la lune lumineuse qui ne peut apparaître tant qu’elle est cachée par les nuages.

De mon âme à ton âme.

Raphaël

«Le son de la cloche retentira à nouveau»2020-06-23T08:59:56+02:00

«Pratiquer les préceptes de manière vivante»

Chers amis,

 

Dans notre tradition, il n’y a pas de place pour les dogmes, aucun.

Les paroles des Bouddhas et des Patriarches, ce ne sont que des outils, des moyens au service de la Voie, favorisant l’éveil. Ne laissons pas les mots se coller sur notre langue, et ainsi se figer pour l’éternité ce qui a vocation à se renouveler, évoluer comme la nature au fil des saisons.

Un jour, un disciple demanda à son maître s’il surveillait ses étudiants pour vérifier s’ils se conformaient bien aux préceptes.

Le maître répondit :

« Je ne prête aucune attention au fait de savoir si vous appliquez ou non les préceptes. J’observe simplement votre manière d’être les uns avec les autres. »

Cette réponse ne signifie pas qu’il ne prête pas attention aux préceptes, bien au contraire, mais sa façon n’est pas dogmatique.

Ce qui est important, c’est la chose réelle ; en regardant les manières de ses étudiants c’est la totalité de chacun qui lui importe.

Respecter les préceptes n’est pas suffisant, ce n’est que la moitié du chemin, c’est seulement tirer une pauvre fierté de les suivre.

Il faut faire un pas de plus, aller au-delà, jusqu’à la racine ; se diriger vers le lieu où nous ne pouvons plus les enfreindre, plutôt que demeurer là où il ne faut pas les transgresser. Si le but n’est que « ne pas les transgresser », nous transformons ces préceptes en dogmes. Il ne faut pas oublier la vie, et donc pratiquer les préceptes de manière vivante.

Cette façon de pratiquer est fuse, don, douceur de la Voie.

 

De mon âme à ton âme.

«Pratiquer les préceptes de manière vivante»2020-06-19T18:42:22+02:00

«Réflexion océanique»

Lettre à la Sangha de Raphaël Doko Triet, abbé du temple Seikyuji

 

Chers  Amis:

J’ai évoqué, lors du dernier teisho, que lorsqu’un doute apparaît, il faut en faire son ami; éprouver de la reconnaissance envers le doute qui frappe à notre porte est le début de la sagesse.
Depuis des temps, immémoriaux, les illusions humaines issues de l’ignorance, de l’orgueil ou de l’aveuglement, se sont agglomérées en une forme corporelle. Et cependant, ce corps issu de nos parents n’est qu’un ensemble d’éléments dont l’apparition et la disparition, ne sont rien d’autre que l’apparition et la disparition de ces éléments sans sustance, sans identité.
Quand nos pensées cessent de s’enchaîner l’une après l’autre, et que chacune tranquillement s’efface; on appelle cela «réflexion océanique». Ainsi une fois libérée du doute – coagulation d’un moment qui obstrue le cours naturel de la rivière –, celle-ci revient à l’océan. «Réflexion océanique» signifie réflexion qui embrasse l’univers entier.
C’est la même chose pour zazen. Lorsque nous sommes assis dans cette posture, nous ne faisons qu’un avec tous les êtres, le temps et l’espace entier.
Ceci nous ramène à la phrase de Sekito Kisen:

«Sur dix pieds carrés, ce vieil homme illumine les formes et leur essence.»

J’ai reçu ce matin trois lettres de Bégonia qui, du fait de l’arrêt des transports aériens, étaient restées confinées en attente de reprendre leur route.
Cette même Bégonia qui m’a envoyé des messages m’annonçant qu’elle venait de quitter le temple de Seido Suzuki, et commençait son retour vers l’Europe.
J’y vois le signe que nous allons bientôt tous nous retrouver, et enfin nous asseoir zafu contre zafu.De mon âme à ton âme.
Raphaël.
«Réflexion océanique»2020-06-22T09:45:17+02:00

Confinamiento

Carta a nuestra Sangha del maestro Raphaël Doko Triet, abad del templo Seikyuji.

 

Querios amigos,

Espero que estéis bien, a pesar del confinamiento al que estamos sometidos. No cometáis el error de pasar demasiado tiempo siguiendo la evolución del coronavirus en los medios de comunicación: provoca ansiedad, no sirve para nada y no salva a nadie. Entre el zazen de la mañana y el de la tarde, seguid con vuestras tareas y aplicaros a hacer las cosas bien.

Hace dos años comenté ampliamente el Tenzo Kyokun, las instrucciones para el tenzo, el cocinero. Como sabéis, a través de la práctica de la cocina, el Maestro Dogen explica en profundidad cómo vivir y comportarse desde la mañana hasta la hora de dormir; un día es como una vida. Dogen nos enseña cómo cada cosa tiene un lugar en el universo.

 

« ¿No forma la práctica de la Vía, acaso, un único acorde? » Se podría decir que en esta partitura, sobre un único acorde, todos podemos tocar juntos una música maravillosa (…)

Dogen nos dice: « ¿No forma la práctica de la Vía, acaso, un único acorde? » Se podría decir que en esta partitura, sobre un único acorde, todos podemos tocar juntos una música maravillosa, cada uno con su propio instrumento, es decir, cada uno con lo que es. El sí mismo cuando es sí mismo, no puede sino armonizarse con otro sí mismo. Siempre cuando aparecen notas falsas, provienen de la codicia, del egoísmo, del « quiero y no quiero », del « estoy de acuerdo, no estoy de acuerdo ». Si abandonamos todo eso, la música se vuelve hermosa como la vida, simple, maravillosa. Si, al contrario, desde que nos despertamos por la mañana hasta que nos acostamos, nos resistimos y queremos tocar nuestra propia música, entonces todo se vuelve difícil.

Y esto, cada uno, puede ponerlo en práctica aunque sólo sea durante un período de tiempo: esa es también una forma de ayudar a los que sufren, a los que curan a los enfermos, a los que mueren.

Han Shan nos lo dice:

Hablar de comida no te llena.
Hablar de ropa no te protege del frío.
Es cuando comes arroz que te sacias.
Es usando ropa que te proteges del frío.
Si uno ni piensa ni se hace preguntas,
se contenta con decir que la búsqueda de Buda es difícil.
Volved al corazón, ahí reside Buda.
En vano, lo buscamos en el exterior.

 

Os deseo a todos una buena semana.

De mi alma a tu alma. Raphaël.

Confinamiento2020-05-30T19:51:20+02:00
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